Mes jours en dehors du Tripalium

Marcher 17 km  un mercredi, revoir la plage d’un étang, un terrain de rugby, trouver un air familier aux arbres et aux odeurs de la forêt, celui de l’enfance. Marcher sous la longue averse, être perdu, aller au Sud-Ouest avec une boussole en espérant trouver Saint-Léger, être heureux à la vue des premières maisons! Le conducteur du car n’avait jamais pris de randonneur un mercredi, en forêt de Rambouillet.

Regarder deux mouches voler avec ma fille, étendus sur le lit, un matin de printemps. Regarder Jean-Pierre Pernaut et se sentir à la retraite. Une pub pour la GMF m’est familière, c’est une musique de film, 99F losque Octave fuit vers une plage. Ce chant des îles Salomon me rappelle ceux qui s’échappaient des églises le dimanche à Saparua ; les familles bien habillées, avec une Bible dans la main, marchaient le long des routes et Marc et moi filions en moto.

Prendre le bus pour 3 arrêts et ensuite le tram pour 2 stations, juste pour le plaisir de prendre le bus et le tram avec ma petite. Après nous allons voir les poissons dans les aquariums, et passons de longs moments aux jeux incroyables du parc de la Villette, avec quelques autres parents qui sont aussi libres ce vendredi là.

Nous prenons le bus 75 jusqu’à République où il y a Nuit Debout, un Brésilien assis parle du « golpe », le coup d’Etat. Je lui demande si les Etats-Unis ont organisé ce « golpe », mais il n’a pas l’air sûr. En tout cas, quand il me répond, je comprends presque tout ce qu’il dit. La statue est toute peinturlurée, ce qui n’était pas le cas quand la place était principalement ouverte aux véhicules.

J’ai vu le dolmen de la pierre Ardoue dans la forêt des Carnutes, dans une pinède qui rappelle la Méditerranée. C’est une pierre lourde transportée par des hommes pour honorer des esprits. Je pisse mais dans la direction opposée, comme certains évitent de pisser face à la Mecque. Je me rends compte que je respecte ce monument. J’ose approcher la tombe et toucher la pierre. Je me mets pieds nus pour être comme ceux qui l’ont posée, et je ferme les yeux. J’ai rejoint ces hommes, et j’accepte de mourir. Une génisse me lèche la main. Plus loin je cueillerai des fraises des bois.

 

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