Reflexion sur l’argent et l’Histoire

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Site marxiste « Les matérialistes », sur le national-socialisme.

Les « marxistes » délaissent souvent, à dessein, la critique de la finance. Comme si, pour s’attaquer au coeur du capitalisme, il fallait choisir entre critiquer l’argent, sa face la plus visible, et critiquer la propriété privée, plus difficile à appréhender.

Depuis Marx lui-même, ceux qui critiquent principalement le système financier se voient alors qualifiés de : sociaux-chauvins, petits-bourgeois proudhoniens voire … nationaux-socialistes.

Les idéologies fasciste et national-socialiste s’opposent violemment au pouvoir de la finance privée, mais sans remettre en cause la propriété privée, l’accumulation de capital et donc le pouvoir grand-bourgeois. Elles étaient par ailleurs violemment anti-bolcheviques, et s’appuyaient sur la petite bourgeoisie. Les milieux petits bourgeois, en période de crise,  basculent dans la catégorie des classes dominées et voient leur épargne réduite à néant. Attaquer la Banque apparaît alors relativement facile.

Pourtant il me semble que le « social-chauvinisme » n’est pas si honteux. Voici mon point de vue.

1) Les hommes recherchent, pour leur existence concrète, des richesses que la théorie économique ignore, car elles ne se soumettent pas au marché : une famille, un Etat avec des policiers, une justice, une religion… L’Etat bourgeois est aussi celui qui assure la sécurité, la religion « relie » les esprits. Le matérialisme dialectique doit reconnaître ces richesses non économiques comme une réalité dont il faut tenir compte, sans les combattre en bloc. C’est ce qu’explique Edgar Morin dans « Pour et contre Marx« .

La destruction de l’Etat, de la religion et de la propriété privée se heurte alors à un mur moral de « décence commune », propre à la petite bourgeoisie comme à de nombreux travailleurs exploités.

2) Personnellement, je vois l’homme comme cherchant des compromis gagnant-gagnant, évitant le conflit quand c’est encore possible, et acceptant une part d’inégalité dans la répartition des richesses.

Dans la lignée de Marx et de Lénine, beaucoup n’acceptent pas le compromis social-démocrate, qui retarde la révolution. Mais c’est ignorer qu’elle peut aussi se dérouler sous leurs yeux par des actions sans éclat, de façon progressive. J’apprécie Bernard Friot par exemple, qui considère l’invention du régime général de la sécurité sociale en 1945 comme une révolution silencieuse ayant atteint une forme d’apogée en 1975 : un but important fut atteint, par une alliance contre-nature entre communistes et gaullistes. La « décence commune » n’est donc pas seulement une position morale, elle peut être aussi révolutionnaire.

L’alliance de la petite bourgeoisie et du prolétariat est redoutée par la haute bourgeoisie, qui s’isole, et par les marxistes-léninistes, qui veulent une révolution prolétarienne radicale.

3) La qualité de l’argent est de permettre les compromis entre des positions difficilement conciliables, entre un besoin et une possession, qui se métamorphosent entre un achat et une vente. Les compromis sont ainsi rendus possibles même entre ennemis : presque tout peut s’acheter, y compris la réparation de l’humiliation ou du crime.

La capacité au compromis gagnant-gagnant peut néanmoins disparaître quand on a la main sur les paramètres du système. Faisons une analogie : un 33-tours dédicacé de John Lennon vaut beaucoup…sauf pour John Lennon qui n’a rien à faire de son autographe! C’est un peu pareil pour un billet imprimé : l’organisme qui le crée peut les imprimer indéfiniment, contre des promesses de remboursement. L’argent n’a plus la même valeur quand on peut le créer sans effort.

Pour ces gens, la satisfaction de la volonté de puissance prend d’autres chemins qu’obtenir l’argent de la puissance concurrente. Ils n’en auraient que faire puisque justement le but n’est pas de coopérer et donc de s’échanger des produits. La guerre est en revanche une réponse plus sensée.

L’impérialisme, stade suprême de la création monétaire, et la création monétaire, stade suprême de l’impérialisme, jusqu’à la guerre.

Conclusion :

A l’échelle nationale, la redistribution d’argent est une voie de moindre effort dans la dialectique travail-capital. L’intérêt du système capitaliste est de bien paramétrer la répartition de l’argent parmi la population. C’est donc le socialisme, qui assure la propre soutenabilité du capitalisme. Tout cela grâce à cette néguentropie particulièrement puissante et malléable : la monnaie. Tout bon capitaliste est un socialiste qui s’ignore et tout bon socialiste est un capitaliste honteux.

Toute monnaie est monnaie de singe, dès lors que la nation qui la porte est en concurrence avec d’autres dans une logique de puissance.

Pour éviter les guerres créées par le système argent, l’humain peut nalors :

  • créer une institution mondiale qui gère une monnaie supranationale,
  • définir et utiliser une monnaie qui ne repose sur aucune organisation humaine, et qui remplisse le mieux possible le rôle qu’on lui donne : arbitrer les conflits entre les hommes et leurs besoins.

La voie vers le communisme est un cas particulier de la première option, tout comme le mondialisme du FMI avec le projet de Bancor. Ou l’€.

La deuxième option relève de l’émergence d’un comportement collectif gagnant d’un point de vue évolutionnaire, qui dépasse la somme des comportements élémentaires individuels, comme la termitière.

 

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