Mon modèle de gestion des risques (1) L’action efficace

« Comprendre revient à résumer » (Chaitin, 2004 cité par Dessalles dans « la pertinence et ses origines cognitives« ).

La compréhension, l’intelligence, nécessitent un paysage mental large, capable de trouver une réponse à une grande variété de situations et de problèmes.

Elargir son paysage mental, c’est acquérir de l’information pertinente.

Dans un post précédent, j’exposais la théorie de la simplicité :

  • La pertinence d’une information nommée « i » se définit par son inattendu U(i)=Cw(i)-C(i), défini comme la différence entre la complexité dans le monde et la complexité cognitive.
  • La probabilité subjective d’une situation produit une information égale à son caractère inattendu  p = 2 puissance (-U).

Cette définition de l’information fait donc appel au sujet qui lit l’information, c’est à dire l’homme. Elle  permet d’aller au-delà de la théorie shannonienne, au-delà de la simple communication d’éléments d’un alphabet.

Pour Shannon, la phrase « Pierre Durand a mangé un poisson » a la même « entropie » que la phrase « un poisson a mangé Pierre Durand ». Dans la théorie de la simplicité de Dessalles, la deuxième phrase contient plus d’information car sa complexité dans le monde est plus forte. Notre paysage mental ne comporte pas souvent cette situation. Une fois l’information communiquée, car pertinente, celui-ci se mettra à jour et inclura cette situation archétypale. Nous adapterons ensuite notre comportement vis-à-vis de certains poissons, en l’occurence les requins blancs.

La pratique du surf a été interdite à la Réunion à la suite de ce type d’information. Un changement fort est ensuite intervenu dans la société.  L’information a créé une action d’autant plus grande que la situation l’ayant générée, puis décrite, était inattendue.

Dans le cadre social, nous sommes confrontés à la nécessité de gérer ce type de risques. A la Réunion, la présence de requins était connue, mais il a fallu attendre plusieurs attaques avant que la société locale ne prenne des mesures.

Je tenterai ici une modélisation du fonctionnement de l’intelligence à partir de cette théorie de la simplicité.

On conçoit souvent le risque comme la composition d’une probabilité et d’une gravité, avec une probabilité souvent théorique et non calculable. Comme nous regardons à droite et à gauche avant de traverser, nous prenons toutefois des mesures préventives, à partir d’une probabilité subjective.

Le risque est un accident défini par sa gravité, pondéré par sa probabilité de survenance.

Risque = p.G, où p est la probabilité et G la gravité

La gravité peut s’exprimer en termes de victimes. Toutefois certaines victimes ne font pas vraiment réagir… La gravité est subjective, elle se mesure en termes de réactions suite à l’accident. Cent morts dans un avion ou dans une salle de concert ont plus d’impact que cent morts sur la route.

C’est pour cette raison que je fais appel à la théorie de la simplicité. Une information en entrée ne se mesure qu’à l’aune de l’action en sortie du sujet.

Pour cette raison, je pose que :

G(s) = U(s ) = Cw(s)-C(s) : la gravité ne se mesure pas en nombre de victimes, mais comme chute brutale de complexité.

p(s) = 2 puissance (-U(s)) = 2 puissance (-Cw(s)+C(s))

Le risque subjectif, et donc les actions du sujet en prévention, seront donc d’autant plus forts que p(s).U(s) est fort.

On constate aussi que : U(s)=-log(p(s)) en base 2.

Le cerveau, individuel ou « social », tendra donc à maximiser la fonction p.log(p) entre 0 et 1, et donc à traiter les risques qui se situent autour de la valeur 1/e (cette fonction forme une cloche avec une sommet à 1/e (environ 37%), et est égale à 0 pour 0 et 1).

Trop proche de 0, le risque est trop faible pour justifier une action. On ne se prépare pas à une invasion de sauterelles à Paris.

Trop proche de 1, l’inattendu est nul : le cerveau est déjà adapté. C’est pour cette raison qu’on ne se prépare pas particulièrement à gérer le risque de la disparition de la lumière du soleil: ça arrive tous les soirs.

L’action efficace en termes de gestion des risques semblerait donc résulter de la prise en compte des probabilités modérées, perçues subjectivement autour de 37%.

Les algorithmes d’arrêt optimal , comme le problème de la secrétaire, indiquent également qu’il est optimal de s’arrêter à 37%. Y a-t-il un lien ?

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s